ADP vient de publier le troisième rapport de son étude annuelle « People at work ». Les résultats pour la France démontre un environnement de travail dégradé.
Depuis le pic durant la pandémie, le ressenti de stress quotidien continue de baisser. Aujourd'hui, 11 % des salariés français déclarent ainsi ressentir un stress quotidien contre 19 % il y a un an, soit une baisse de 8 points. Au niveau mondial, le niveau de stress au quotidien est encore plus bas avec une proportion de travailleurs disant être stressés tous les jours qui est passée de 15 % à 7,5 %, soit une diminution de 7,5 points en un an. Cependant, cette amélioration ne s'accompagne pas d'un plus grand épanouissement des salariés, notamment en France, où ils sont seulement 20 % à déclarer se sentir pleinement épanouis dans leur travail. En France, près de deux tiers des actifs (64 %) se sentent stressés au moins une fois par semaine, soit une hausse de 3 points par rapport à l'année précédente (61 %). En revanche, la part de ceux déclarant un stress modéré, c'est-à-dire ressenti entre deux et six fois par semaine, est en légère baisse de trois points. Malgré ces améliorations, la France est le troisième pays au monde, ex aequo avec l'Argentine, où les travailleurs sont les plus nombreux à éprouver un stress quotidien, derrière le Japon (14 %) et la Thaïlande (12 %).
Surchargés et peu épanouis
L'Europe est la région où la surcharge est la plus élevée (19 %) : la Suède et la République Tchèque arrivent en tête, avec respectivement 24 % et 23 % de travailleurs débordés ; en France, 18 % des salariés se sentent surchargés. De plus la France compte le plus faible taux de salariés épanouis parmi les pays européens étudiés, avec seulement 20 %, soit une légère hausse de 1 point par rapport à l'année précédente (19 %). L'hexagone occupe ainsi la quatrième place parmi les pays ayant le faible taux de collaborateurs épanouis, derrière la Corée du Sud (15 %), la Thaïlande (19 %), le Japon (19 %) et ex aequo avec l'Inde (20 %). A noter que les jeunes Français de 18-26 ans sont particulièrement concernés : seuls 13 % se disent épanouis contre 20 % pour les 27-64 ans. La Génération Z est également la plus sujette à la surcharge au travail, avec 23 % déclarant se sentir débordés contre 16 % chez les 55-64 ans.
Le télétravail en question
Le rapport révèle que le télétravail et le travail hybride, même lorsqu'ils sont autorisés par la politique de l'entreprise, sont souvent perçus négativement. Ainsi, 28 % des salariés français (contre 32 % au niveau mondial) affirment se sentir jugés lorsqu'ils travaillent à distance. En France comme en Europe, 31 % des salariés se sentent constamment surveillés par leur manager (36 % dans le monde). L'Europe est la région où ce sentiment de surveillance est le moins répandu, contre 42 % en Afrique et au Moyen-Orient qui affiche le taux le plus élevé.

