OpenAI a annoncé, lundi 3 mars, la création d’un consortium réunissant des universités prestigieuses, pour soutenir la recherche et la formation en intelligence artificielle (IA). D'aucun y verront un moyen pour OpenAI d’apposer sa marque sur une partie du monde universitaire et de la recherche.
C’est un projet « conçu pour les chercheurs cherchant des remèdes, les universitaires découvrant de nouvelles connaissances et les étudiants se préparant à un avenir façonné par l’IA », décrit la maison mère de ChatGPT. Le programme NextGenAI réunit plusieurs universités américaines, telles que Harvard, le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Caltech, Howard, Duke, l’Université du Michigan, l’Université du Mississippi, Texas A&M University, l’Université de Géorgie, le California State University System, l’Ohio State University, ainsi que des institutions comme le Boston Children's Hospital et la Boston Public Library. Deux établissements européens participent également : l’université d’Oxford (Royaume-Uni) et Sciences Po (France).
Former aux compétences en IA
OpenAI a investi 50 millions de dollars dans ce projet. Ces fonds serviront à financer la puissance de calcul et l’accès à ses API, nécessaires aux travaux de recherche des étudiants, enseignants et chercheurs.« Ce programme soutient à la fois les découvertes de demain et la formation des futurs leaders de l’IA », affirme OpenAI. L’entreprise a livré quelques exemples de travaux en cours au sein des universités partenaires. Par exemple, l’Ohio State University exploite l’IA pour accélérer la recherche en santé numérique, en thérapies avancées, dans l’énergie, la mobilité et l’agriculture. Harvard et le Boston Children’s Hospital utilisent les modèles d’OpenAI pour réduire le temps de diagnostic des maladies rares et accompagner la prise de décision.
Certains programmes, tels que ceux de l’université d’Howard, sont orientés vers la formation aux compétences en IA. Ils utilisent les fonds de NextGenAI pour développer des programmes éducatifs en IA ou expérimenter de nouvelles méthodes pédagogiques. De son côté, l’université du Mississippi explore de nouvelles intégrations de l’IA dans l’éducation et la recherche.
Quel rôle pour Sciences Po ?
De son côté, Sciences Po a indiqué dans un communiqué qu’il mènera des recherches pour explorer les impacts de l’IA sur « la forme et la dynamique des débats publics en ligne ». Une première évaluation sera réalisée dans trois ans.
L'établissement a également précisé que son partenariat avec NextGenAI respectera les principes de « la Déclaration sur une intelligence artificielle inclusive et durable pour les peuples et la planète », issue du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, qui s’est tenu à Paris les 10 et 11 février 2025. L’utilisation des modèles d’OpenAI dans le cadre des recherches menées par Sciences Po se fera dans le respect de la réglementation en vigueur (RGPD et AI Act) et de l’indépendance académique.
Reste à voir, sur la durée, quelle sera la réalité de l’implication d’OpenAI dans les projets de recherche universitaires. Dans cette affaire, l’entreprise est tout sauf un acteur neutre. Rappelons que ces programmes subventionnés sont aussi un bon moyen pour les entreprises de garder un œil sur la future génération de talents qui pourrait éventuellement rejoindre leurs rangs, et d’habituer les universitaires à leurs produits plutôt qu’à ceux de leurs concurrents.

