La maison mère de Google, Alphabet, va investir 75 milliards de dollars dans ses infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle. Une annonce qui intervient dans un contexte particulier, marqué par l’émergence de DeepSeek, une startup chinoise qui a présenté des modèles très performants entraînés à moindre coût.
Malgré un quatrième trimestre en dents de scie et une action en chute de 8 %, Google prévoit de dépenser, et beaucoup. « Nous sommes confiants quant aux opportunités à venir et, pour accélérer nos progrès, nous prévoyons d'investir environ 75 milliards de dollars en dépenses d'investissement en 2025 », a déclaré son PDG, Sundar Pichai, dans un communiqué de résultats publié mardi 4 février. Ces investissements seront essentiellement fléchés vers l’infrastructure, les serveurs, les centres de données et les réseaux afin de soutenir le développement de ses applications d’IA.
On n’attendait plus que Google. En effet, Microsoft, AWS et Meta ont tous annoncé, en janvier, des investissements massifs dans leurs infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle et au cloud, de respectivement 80 milliards de dollars, 11 milliards de dollars et 65 milliards de dollars.
DeepSeek interroge
Ces investissements massifs interviennent dans un contexte particulier, marqué par l’émergence de DeepSeek, une startup chinoise qui a présenté, fin janvier, des modèles aussi performants que ceux de ses concurrents pour un coût d’entraînement moindre, de l’ordre de quelques millions d’euros contre des centaines de millions pour les grands modèles de langage leaders sur le marché.
En réaction à ces annonces, la Bourse a connu la chute la plus importante de son histoire sur une journée. Malgré ses performances avérées, DeepSeek a très vite éveillé les soupçons de ses concurrents sur les méthodes employées pour développer et entraîner ses modèles, mais aussi les craintes des États et des acteurs de la cybersécurité en général, notamment concernant le faible niveau de protection des modèles de la plateforme.

