Nvidia se dote d’un centre de R&D sur le quantique

Nvidia a annoncé, mardi 18 mars, la création d’un centre de recherche afin de développer des technologies de pointe pour l’informatique quantique.

Un peu occultée par l’intelligence artificielle, l’informatique quantique est un autre sujet brûlant du moment – et complémentaire de l’IA pour des tâches spécifiques – dont veut se saisir Nvidia. Le géant des GPU a annoncé la création d’un centre de recherche, baptisé NVIDIA Accelerated Quantum Research Center (NVAQC). Basé à Boston, il aura pour mission de résoudre les problèmes complexes de l’informatique quantique, tels que la correction d’erreurs et le développement de processeurs quantiques pleinement opérationnels.

Des partenaires universitaires et privés

« L’informatique quantique va compléter les superordinateurs IA pour résoudre certains des problèmes les plus importants du monde, de la découverte de médicaments au développement de matériaux », a déclaré Jensen Huang, fondateur et PDG de Nvidia, cité dans un communiqué.

Partenaires commerciaux de Nvidia, les sociétés Quantinuum, Quantum Machines et QuEra Computing pourront utiliser le laboratoire pour développer et tester leurs technologies. Nvidia s’est également associé à des chercheurs issus de l’Harvard Quantum Initiative in Science and Engineering (HQI) et du groupe Engineering Quantum Systems (EQuS) au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Le centre sera doté du système NVIDIA GB200 NVL72 rack-scale, pour réaliser des simulations de systèmes quantiques et déployer des algorithmes de contrôle de matériel quantique à faible latence pour la correction des erreurs quantiques. Il utilisera en outre la plateforme de développement quantique Nvidia CUDA-Q, sur laquelle les chercheurs pourront développer leurs algorithmes et applications quantiques.

Développer des ordinateurs quantiques utiles

« Le Nvidia Accelerated Quantum Research Center sera l’endroit où les percées seront réalisées pour créer des superordinateurs quantiques accélérés à grande échelle et utiles », espère Jensen Huang. Il devra toutefois composer avec des concurrents de taille, parmi lesquels Google et Microsoft, qui ne cachent pas leurs ambitions.

Microsoft a présenté, en février, Majorana 1, un premier processeur quantique alimenté par des qubits topologiques, réduisant les erreurs quantiques. Confiant, Microsoft estime être en mesure de construire un prototype d’ordinateur quantique tolérant aux fautes d’ici quelques années. AWS, de son côté, a dévoilé une puce quantique développée en partenariat avec CalTech, qui s’appuie sur plusieurs types de qubits pour détecter et corriger ses erreurs quantiques.

Google a présenté, en décembre dernier, Willow, un processeur de 105 qubits capable de résoudre en cinq minutes un problème qui prendrait 10 septillions d’années à un ordinateur classique. Cette puce permet, en outre, de créer des qubits logiques, plus fiables que les qubits physiques, réduisant ainsi le taux d’erreur.

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