Face à la recrudescence des cyberattaques visant l’État, le gouvernement débloque en urgence 200 millions d’euros pour renforcer la cybersécurité. Une première étape, alors que le gouvernement souhaite faire de la cybersécurité « une fonction régalienne ».
C’est une enveloppe annoncée en réaction à l’intensification des cyberattaques contre des systèmes d’information de l’État depuis le début de l’année. En visite dans les locaux de l’ANTS, l’Agence nationale des titres sécurisés, très récemment victime d’une fuite massive d’environ 12 millions de données, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé 200 millions d'euros afin de financer des investissements dans les applications, les outils de détection et la cryptographie post-quantique.
Cette enveloppe d’urgence va par exemple servir à la réalisation d’audits flash afin de mesurer les vulnérabilités. Le chef du gouvernement a également annoncé que les amendes de la CNIL seraient affectées à un fonds de modernisation des infrastructures numériques de l'État. Une réforme qui sera présentée lors d’un prochain PLF (projet de loi de finances). Il a également fixé un objectif de 5 % des budgets informatiques de chaque ministère dédié à la cybersécurité dès 2027.
Briser les silos
Suffisant ? Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a indiqué, le 4 mai 2026 sur France Inter, que cette enveloppe constituait une « mesure d’urgence, ça ne suffira pas ». Même sur l’objectif des 5 %, la ministre prévient : « Aujourd'hui, les budgets consacrés à la cybersécurité peuvent aller, dans certains ministères, de 1 % – autant dire que c'est extrêmement faible – jusqu'à 5 %, ce qui n’est également pas énorme. On dit que, pour assurer la cybersécurité du quotidien et rester au niveau minimum exigé, il faut 10 % d'un budget informatique ».
La ministre est également revenue sur l’organisation « en silo » de la cybersécurité au sein des ministères et administrations - où chaque ministère dispose de sa propre DSI et de ses équipes - qu'il convient de dépasser. Toujours selon la ministre, Sébastien Lecornu veut faire de la cybersécurité « une priorité régalienne ». Une autorité va ainsi être créée. Placée directement sous l’autorité de Matignon, elle doit homogénéiser et renforcer la politique de cybersécurité de l'Etat. Dans le détail, la Direction interministérielle du numérique (Dinum) et la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) vont fusionner afin de « casser les silos ».

