La Banque européenne d’investissement flèche 70 Md€ pour la tech

La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé, lundi 16 juin, un investissement de 70 milliards d’euros en faveur des entreprises technologiques et innovantes européennes. L’enjeu : renforcer et simplifier les investissements européens afin de mieux rivaliser avec les États-Unis.

Toujours à la traîne derrière les géants américain et chinois, l’Union européenne multiplie les annonces pour tenter de combler son retard, y compris en matière d’investissement. C’est dans ce climat d’incertitude politique et économique avec l’allié américain que l’institution financière des États membres de l’UE, la BEI, a annoncé la mise à disposition de 70 milliards d’euros pour les startups, d’ici 2027.

L’Europe : « havre de stabilité, de clarté et de confiance »

« Il s’agit du plus grand programme jamais mis en œuvre pour soutenir spécifiquement l’innovation et le leadership technologique européens », s’est félicitée Nadia Calviño, présidente du Groupe BEI, citée dans un communiqué.

L’institution estime que ce plan pourrait générer jusqu’à 250 milliards d’euros d’investissements privés dans le secteur technologique européen. L’objectif est aussi de rivaliser avec les fonds de capital-risque américains, souvent mieux dotés, et capables d’investir massivement dans les jeunes pousses technologiques européennes.

« La situation actuelle aux États-Unis offre à l’Europe l’occasion d’attirer des talents, des investissements et des capitaux. Nous constatons un vif intérêt pour l’Europe de la part des investisseurs internationaux », a souligné Nadia Calviño. L’Union européenne estime avoir une carte à jouer, alors que l’administration Trump a réduit les financements à la recherche dans des universités prestigieuses comme Harvard ou Columbia. Les chercheurs américains eux-mêmes craignent une fuite des cerveaux qui, fait rare, pourrait cette fois profiter à l’Europe, présentée comme un « havre de stabilité, de clarté et de confiance », selon les termes de Nadia Calviño.

Réduire les délais d’instruction des demandes

Pour mobiliser ces fonds, les entreprises devront passer par la plateforme TechEU, un guichet unique qui doit être lancé d’ici fin 2025, et qui rassemblera les différents programmes de financement européens. Bien qu’annoncé, le projet doit encore franchir l’étape de la bureaucratie européenne et être validé par le Conseil des gouverneurs de la Banque, composé des ministres des Finances des États membres.

Face aux critiques lui reprochant d’être trop prudente, la BEI a indiqué qu’elle prendrait davantage de risques en matière d’investissement. Elle prévoit de soutenir 1 000 entreprises innovantes supplémentaires chaque année et de réduire les formalités administratives afin que les délais de traitement des demandes de financement n’excèdent pas six mois. En 2024, la BEI a accordé 89 milliards d’euros de financement pour 900 projets, et vise les 95 milliards en 2025.

En avril, la Commission européenne avait également annoncé qu’elle mobiliserait 200 milliards d’euros pour l’intelligence artificielle. À titre de comparaison, aux États-Unis, l’administration Trump a prévu un plan de 500 milliards de dollars pour l’IA via le projet Stargate, financé en grande partie par des fonds privés.

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