Le géant taïwanais des semi-conducteurs, TSMC, a annoncé, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche aux côtés de Donald Trump, un investissement supplémentaire de 100 milliards de dollars dans la production de puces avancées aux États-Unis. Cet investissement s’ajoute à une première enveloppe de 65 milliards de dollars et s’inscrit dans la volonté de l’Oncle Sam de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement en relocalisant la production de semi-conducteurs dans le pays.
C’est « le plus important investissement direct étranger de l’histoire des États-Unis », s’est enorgueilli l'administration Trump dans un communiqué. Le géant taïwanais TSMC a annoncé un nouvel investissement de 100 milliards de dollars dans la fabrication de semi-conducteurs sur le sol américain. Cette nouvelle enveloppe vient s’ajouter aux 65 milliards de dollars déjà prévus pour la production de puces avancées dans des usines situées à Phoenix, en Arizona. Grâce à ces nouveaux fonds, TSMC prévoit de construire trois nouvelles usines de fabrication, comprenant deux installations de conditionnement avancé et un centre de recherche et développement (R&D).
Actuellement, l’usine en Arizona, dont la production à grande échelle a démarré à la fin de l’année dernière, emploie 3 000 personnes. TSMC assure que cet investissement générera des centaines de milliards de dollars de valeur dans le secteur des semi-conducteurs et devrait créer 40 000 emplois dans la construction, ainsi que des dizaines de milliers d’emplois hautement qualifiés dans la fabrication avancée de puces et la R&D. L’investissement devrait également générer 200 milliards de dollars de retombées économiques indirectes en Arizona et aux États-Unis au cours des dix prochaines années. Actuellement, TSMC exploite une autre usine à Camas, dans l’État de Washington, ainsi que des centres de conception à Austin (Texas) et San Jose (Californie).
Louanges à Trump
TSMC n’a pas manqué de saluer la politique de Donald Trump et a déclaré : « En 2020, grâce à la vision et au soutien du président Trump, nous avons entrepris notre voyage pour établir une fabrication avancée de puces aux États-Unis. Cette vision est aujourd’hui une réalité », a affirmé le président et PDG de TSMC, C.C. Wei.
L’administration Biden a également soutenu TSMC à hauteur de 6,6 milliards de dollars dans le cadre du CHIPS Act, un plan de 52 milliards de dollars lancé par Joe Biden visant à créer une chaîne d’approvisionnement aux États-Unis et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des acteurs étrangers. À noter que trois usines TSMC avaient déjà été annoncées en avril 2024. Une première usine en Arizona a démarré la production de puces en 4 nm. La seconde produira des technologies de gravure en 2 nm ainsi que la technologie 3 nm à partir de 2028. La troisième se concentrera sur la production de composants gravés en 2 nm et moins d’ici 2030. Le CHIPS Act a également bénéficié à d’autres acteurs du secteur, tels qu’Intel ou encore GlobalFoundries.
Tout comme son prédécesseur démocrate, Joe Biden, Donald Trump cherche à relocaliser la production de puces aux États-Unis afin d’en sécuriser l’approvisionnement. « Le président Trump a fait de la relocalisation de la fabrication de semi-conducteurs aux États-Unis un objectif fondamental… Vous voyez ici la puissance de la présidence de Donald Trump, car TSMC, le plus grand fabricant de puces au monde, vient en Amérique avec un investissement de 100 milliards de dollars », a déclaré le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick. Il a ajouté qu’en s’installant aux États-Unis, les entreprises « veulent éviter les droits de douane qu’elles subiraient si elles n’étaient pas implantées ici ». Le nouveau locataire de la Maison Blanche a à plusieurs reprises, menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les semi-conducteurs importés.
Préserver le bouclier de Taïwan
De leur côté, les autorités taïwanaises ont exigé que les processus de fabrication les plus avancés restent à Taïwan. L’île cherche en effet à préserver son « bouclier de silicium ». Sa position de premier fabricant mondial de puces dissuade Pékin d’engager une action militaire visant à rattacher Taïwan à la Chine. En effet, une telle action risquerait d’affaiblir la chaîne d’approvisionnement chinoise, impactant ainsi son économie et, plus largement, l’économie mondiale. Les États-Unis et d’autres puissances mondiales pourraient ainsi être plus enclins à défendre Taïwan en raison de son importance stratégique dans l’industrie des semi-conducteurs.

